La Zone d’Enthousiasme

Écologie des compétences

La ZONE d’ENTHOUSIASME, c’est cette zone magique de notre zone de compétences: Celle où plus on s’affaire, plus on remplit sa jauge.

A contrario des deux zones de compétences qui l’entourent, celles où nous savons / pouvons faire, sans le moindre enthousiasme, et qui font baisser notre jauge.
Soit parce que l’on sait faire et que ça nous ennuie… soit parce que l’on sait faire, mais que non, ah vraiment, c’est douloureux ! (Parce que c’est à la limite de mes compétences, ou de mes valeurs, ou de mes possibilités…)

 

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Travailler en « Zone d’Enthousiasme » (ZE),  représente un très fort terreau de réalisation individuelle, qui, par effet rebond va venir consolider la pertinence d’équipe… et celle du projet lui-même.

Cependant, il ne faut pas se leurrer, la « zone où je sais » et la « zone où je peux » sont des zones qui ne disparaissent pas pour autant de la pratique. Il convient donc de les envisager autrement.
Lorsque je suis dans ces zones, ma coupe va se vider très rapidement, au détriment de ma ZE. Ce ne peut être que temporaire, et idéalement, cadré dans le temps: je sais quand ça commence et quand ça finit.
Parallèlement à ça, pour que ma coupe ne s’épuise pas, je vais avoir besoin d’être vu(e) / reconnu(e) dans mon effort, et en fonction de la zone, d’être remercié(e) ou soutenu(e)
La gratitude et la reconnaissance étant de forts moteurs également.

Cependant, seule la ZE saura recharger ma coupe, et il est important de la privilégier, la cultiver, et tout particulièrement lorsque je visite les deux autres zones.
A défaut, le désintérêt ou l’épuisement professionnel pointeront inévitablement le bout de leur nez.

Une fois ces zones éclaircies, et assumées, apparaissent instantanément d’autres pouvoirs magiques:

  • Celui de pouvoir nommer d’entrée de jeu, dans une collaboration, les endroits où l’on peut m’attendre. Mieux, ceux qui s’alignent avec mon intention, mon élan personnel, et qui vont, de fait, nourrir mon enthousiasme pour le projet.
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  • Celui de pouvoir décider consciemment si j’accepte de sortir de ma Zone d’Enthousiasme, et dans quelle mesure, pour servir un aspect du projet, ou si au contraire je commence à m’essouffler de ne puiser que dans ces compétences-là.
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  • Celui de m’interroger librement sur la pertinence de quitter un projet si je réalise qu’il vide mon vase sans le remplir suffisamment, et de pouvoir l’exposer de façon confortable… et légitime.

ET LA PÉPITE…

(la ? en réalité il y en a plein !)

  • En tête de liste: plus de syndrome de l’imposteur !
    Quand on œuvre en zone d’enthousiasme, c’est précisément le contraire qui advient: cette délicieuse sensation de détenir une zone de singularité unique, qui nous est propre, à empuissancer à travers tous les projets et expériences que l’on traverse.
    De cette façon, on change radicalement de paradigme: ce n’est désormais plus l’Individu qui est au service d’un projet, ou d’une structure, mais bien l’inverse qui s’opère.
    Et ce faisant, c’est le meilleur de lui-même qui se tourne vers le projet.
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  • Encourager cet aspect-là dans son équipe, c’est également empuissancer le projet: les intuitions sont plus fortes, plus pertinentes, le plaisir est au rendez-vous, et l’équipe un véritable porte-avion.
    Mais également, et pas des moindre: la créativité, bien loin de représenter une fantaisie, devient une véritable ingénierie au service de…
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  • Décider de travailler de cette façon-là avec son équipe c’est aussi visiter la confiance à-priori, et sur une base solide: celui qui est en zone d’enthousiasme, c’est aussi celui qui est en expertise de cet aspect du sujet. Celui qui saura percevoir avant nous ce qui concerne cet aspect, en créer la faisabilité et lui offrir une montée en pertinence.

Etc…

ZONE D’ENTHOUSIASME ET GESTION D’ÉQUIPE ?

Le gros avantage de la méthode est sa facilité de prise en main. Mais également sa capacité d’éclairer très rapidement les zones d’ombres, ou fragiles d’une équipe ou d’un projet.

Elle représente un indicateur fin quant à l’adéquation équipe / projet:
Lorsque l’un (ou plusieurs) des coopérants n’a plus de possibilité de rejoindre ou d’évoluer dans sa zone d’enthousiasme, seules 2 questions suffisent à éclairer la situation:

Est-ce que sa zone d’enthousiasme reste alignée avec la sève actuelle du projet ?
Le projet peut-il encore être en mesure de l’alimenter ?

  • Si non, c’est sans doute qu’il a fini d’en visiter les pertinences propres à sa singularité.
  • Si oui, c’est qu’il y a un déficit de compétences qui apparait dans un projet qui évolue.

A partir de là, et en fonction des possibilités contextuelles, plusieurs axes de remédiation sont sollicitables:

  • Se partager ces tâches qui ne résonnent avec aucune zone d’enthousiasme de l’équipe, et savoir soutenir / gratifier de façon pertinente
  • Faire tourner ces rôles / tâches, pour qu’elles ne restent que très temporaires
  • Plus idéalement: agrandir l’équipe à une personne portant cette zone d’enthousiasme dans ses compétences
  • Et / ou enfin, supra-idéalement: si on admet le fonctionnement organique / stigmergique au sein de son organisation (ce que nous pratiquons au Labo): recréer un espace d’expression à cette zone d’enthousiasme.
    Et ainsi, laisser le projet évoluer dans la pertinence qui lui est propre, à partir des énergies qui le composent.

Tout au long de son cheminement, un projet évolue, et les individualités qui le composent également.
Travailler dans l’écologie de ces 3 Zones de Compétence, c’est accorder un terrain favorable à l’expression de ces évolutions, et de les envisager comme tel.
Et, bien loin de les freiner: venir empuissancer l’Individu, l’équipe, comme le projet lui-même.

 

(article en construction: des apports viendront sans doute soutenir ou affiner le propos à mesure de mes propres expérimentations, ou échos dans le domaine)